Galerie Maria Lund


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A partir du milieu des années 1970, en réaction à une information manipulée par le régime autoritaire de l’époque, l’artiste sud-coréen Choi Byung-So s’est employé à rayer le contenu d’une presse véhiculant des contre-vérités. Il recouvrait entièrement ou partiellement les pages et leur textes par une couche de stylo bille suivie de milliers de traits de crayon allant jusqu’au point de rupture des fibres du papier et son déchirement partiel et aléatoire. Le papier et son contenu, sorte de readymade, se transformaient par le biais d’une intervention à la fois simple et immense. Depuis Choi Byung-So trace et efface dans un processus inlassable de répétition où chaque trait devient une trace visible de l’être, d’une existence où le geste modeste et répétitif de l’individu s’inscrit dans un infini, une éternité. Cette démarche s’explique par une motivation double : D’une part la constitution de l’œuvre dans un contexte sociétal totalitaire où le simple fait de faire était une forme de résistance ; d’autre part la philosophie bouddhiste dont est empreint l’artiste. Choi Byung-So avance entre matérialité et immatériel, métamorphosant, transfigurant tout en restant attaché à une substance qui se joue entre deux et trois dimensions. Née d’un contexte de philosophie et d’histoire spécifiquement coréen partagé par l’ensemble des artistes du mouvement connu aujourd’hui sous le nom « Dansaekwha » l’oeuvre présente des parallèles ne seraient-ce que formelles avec les mouvements occidentaux de Minimalisme et de Support-Surface.