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Didier BOUSSARIE
Arrière saison
A cause de la fragilité de tout, la mémoire devient plus intense… Souvenir d’un nuage empourpré de fin du jour, du corps chevelu d’or sur le lit défait, de l’architecture d’une grappe de raisin dont les fruits commencent à se friper, des figures de ballet dans le ciel, vols de migrateurs qui passent sans peine avec leurs petits cris lointains.
« J’ai encore trouvé un oiseau mort aujourd’hui… » couché dans la lumière automnale.
Vrac d’os parmi les feuilles, presque rien, un peu de pourriture comme ultime parure.
Les saisons ont leurs rituels et leurs messagers, toujours les mêmes.
Dans la nuit plein écran… le brame de l’animal frère, obligé au combat pour une promesse.
Ferveur mystérieuse de la transcendance pour un peu de beauté.
Saison de chasse…
Et triompher dans son propre jardin en cueillant le dernier dahlia.
Temps paradis de l’arrière saison.
Didier Boussarie
Juillet 2011 |